mardi 27 février 2007

Acte manqué référendaire

Jusqu'à tout récemment, la nouvelle Feuille de route du Parti Québécois comportait une grave incohérence qui faisait pratiquement état de lapsus. Était inclus sous la section "Ressources naturelles" aux pp. 14-15 la proposition suivante:
[...] améliorera la qualité de vie des personnes âgées vivant en centre hospitalier de soins de longue durée (CHSLD).
L'erreur fut récemment corrigée; il vous est loisible de confirmer mes dires en consultant la version originale du document. Je tenterai d'avoir une image numérisée de cette drôle d'erreur bientôt. Le rédacteur du document ne manquait manifestement pas d'humour. Les péquistes diront "coquille". D'autres diront "acte manqué freudien".

Je laisse le bénéfice du doute au rédacteur, présomption de bonne foi oblige.

Toutefois, le commentaire suivant du candidat du Parti québécois dans la circonscription de D'Arcy-McGee étonne (Lien ; si jamais le lien devenait invalide, consulter l'image de capture ci-bas.):
[...] Si l'indépendance se fait, ce sera d'ici 10 ans, maximum 15 ans. On aura les meilleurs conditions démographiques jamais rassemblé car il n'y aura plus la génération de "canadien-français" qui ont un attachement très profond envers le Canada. C'est cette génération qui a fait la deuxième guerre mondiale. Toutefois dans 20-25 ans la démographie commencera à jouer contre nous et la possibilité d'un référendum gagnant deviendra de moins en moins probable. [...]


Le référendum/consultation populaire/sondage-at-large se gagnera donc lorsqu'une tranche de la population sera décédée. Bonjour le cynisme.

Ces propos réflètent une tendance déjà trop lourde au Parti québécois de blâmer les autres pour leur défaite référendaire. Les grands coupables au Tribunal inquisitoire: les communautés culturelles, les personnes âgées, les grandes corporations, "Radio-Cadenas", etc.

En démocratie, il est malsain de cracher sur la nature du vote d'autrui. Le résultat, ne fusse-t-il pas à notre goût, ne doit jamais être blâmé. Les seuls responsables sont toujours ceux qui n'ont pas réussi à rallier le plus grand nombre de personnes à leur vision politique.

lundi 26 février 2007

Camarade Laviolette

Au récent Conseil national du Parti québécois, nous avons pu entendre le très coloré syndicaliste Marc Laviolette a exprimé ce qui suit:
"Chat noir, chat blanc, l'important, c'est qu'il attrape la souris" (Source)
Fait intéressant à noter, cette citation est une reprise du petit timonier; l'ancien secrétaire-général du Parti communiste chinois, Deng Xiaoping.

Commentant la récente ouverture au libéralisme et l'ouverture des marchés chinois, le dirigeant chinois avait dit mot pour mot la citation précédente dont s'est manifestement inspiré Marc Laviolette.

Il est vrai que chat noir, chat blanc, la souris allait être attrapée en Chine. Les droits humains, l'exploitation ouvrière, la liberté de parole et de pensée en furent victimes. Mais ce n'est qu'un détail.

PROLÉTAIRES DE TOUS LES PAYS UNISSEZ-VOUS!

mercredi 21 février 2007

Revendications dogmatiques

Je reproduis ci-bas la lettre d'opinion écrite par mon ami Grégoire Bernèche. Elle fut publiée aujourd'hui dans La Presse en page A23. On peut aussi la trouver sur Cyberpresse.ca.

Revendications dogmatiques

Grégoire Bernèche
L'auteur est étudiant de première année en médecine.

Évalué à 375 millions de dollars par la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ), le sous-financement des universités québécoises est une réalité dont l'ampleur dépasse les chiffres, et dont les répercussions sur la qualité de la formation se font grandement ressentir.

À la faculté de médecine de l'Université de Montréal, pour ne mentionner qu'un exemple, le nombre d'étudiants par tuteur dans plusieurs cours est passé de 8 à 12 sous l'effet des contraintes budgétaires, ce qui compromet dramatiquement les niveaux d'enseignement et d'encadrement dispensés. Pénible tentative de court-circuiter l'État, les frais afférents (non couverts par le régime de prêts et bourses) imposés par de nombreuses institutions représentent un symptôme de cette situation financière insoutenable.

Dans cette optique, je crois fermement, comme plusieurs étudiants, que le dégel des droits de scolarité - tel que récemment proposé par le Parti libéral du Québec - constitue une approche pragmatique et adéquate afin de permettre aux universités québécoises d'offrir des diplômes compétitifs, dans une société dont l'avenir passe en bonne partie par les compétences supérieures et l'innovation.

Les principales associations étudiantes de la province ont déjà affûté leurs armes, et la campagne qu'ils mèneront pour le maintien du gel s'annonce hautement démagogique et agressive. Mais la question à laquelle les représentants de ces regroupements devront répondre n'est pas : «Êtes-vous pour ou contre le dégel?», mais bien : «Quels changements réalistes proposez-vous pour améliorer la formation des étudiants que vous représentez?».

Investissements accrus de la part de Québec dans l'éducation post-secondaire - ce qu'un éventuel gouvernement libéral s'engage à faire à raison de centaines de millions de dollars supplémentaires? Alourdir le fardeau fiscal déjà écrasant des Québécois - un choix dont les étudiants assumeront les coûts sitôt sortis des bancs d'école? Ou encore miser sur de généreux transferts fédéraux - dont les sommes fluctueront selon les humeurs du gouvernement central? Acceptables ou non, ces mesures ne pourront jamais qu'être complémentaires au financement assumé par les étudiants.

Un mythe tenace

En vigueur depuis 1994, le gel des droits de scolarité ne fait que renforcer le mythe de la nécessité que les coûts d'accès à l'université soient universels. Cette universalité consiste à répartir les subventions de l'État aux étudiants de façon égale, alors qu'elles devraient plutôt l'être de façon équitable, puisque les élèves provenant des classes moyenne et aisée (majoritaires) peuvent assumer une hausse, tandis que les moins nantis pourraient bénéficier d'une baisse significative.

Un dégel des frais de scolarité, d'autre part, contribuerait à responsabiliser les étudiants, en les positionnant clairement au centre du système d'éducation en tant qu'utilisateurs-payeurs motivés à réussir, substituant ainsi un État jusqu'alors tributaire de leurs échecs.

Enfin, les étudiants doivent comprendre qu'une augmentation du coût de leurs études ne constitue pas un simple débit, mais bien un investissement, permettant aux institutions non seulement de préserver la qualité de leurs programmes, mais même de s'adapter, d'évoluer et d'innover, afin d'être plus performantes et compétitives, au grand bénéfice des étudiants et de la société québécoise.

Il est indéniable que, dans la décision de poursuivre ses études, les capacités intellectuelles doivent primer sur les moyens financiers, mais il serait faux de croire que le gel des droits de scolarité représente une approche raisonnable pour respecter cette condition.

L'instauration d'un programme de prêts et bourses plus généreux et mieux adapté (par exemple, selon le revenu moyen que procure le diplôme) semble une voie bien plus prometteuse et juste d'enrichir la société québécoise tout en préservant l'égalité des chances.

Que les regroupements étudiants suscitent le débat, le moment venu, sur les modalités d'un tel programme m'apparaît comme une alternative constructive aux dogmatiques revendications actuelles.

Le dégel des frais de scolarité contribuera à responsabiliser les étudiants, en les positionnant clairement au centre du système d'éducation en tant qu'utilisateurs-payeurs motivés à réussir.

mardi 20 février 2007

La hausse des frais de scolarité

Le gouvernement Charest a récemment annoncé son intention de hausser les frais de scolarité s'il est réélu. La hausse serait de 50$ par session jusqu'en 2012, et ce de façon cumulative. Parallèlement à cette hausse, le gouvernement ferait les ajustements nécessaires au régime des prêts-bourses afin de minimiser l'impact sur les étudiants moins fortunés.

Le tout en réinjectant près d'un milliard de dollars en éducation.

En tant qu'étudiant universitaire, cette proposition me semble raisonnable. Le réseau universitaire québécois est en situation grave de sous-financement après plusieurs années de règne du Parti Québécois. Jusqu'à aujourd'hui, le gouvernement libéral a dû combler le retard causé par les péquistes; le prochain mandat permettra au gouvernement de commencer à réellement assurer le développement du réseau universitaire. La conférence des recteurs des universités québécoises a récemment fait part de l'urgence de la situation en conférence de presse.

Il m'apparaît juste que les étudiants contribuent à leur juste mesure à l'amélioration du système d'éducation, et ce pour leurs études comme pour celles de ceux qui les suivront. L'augmentation des frais de scolarité permettra aux universités d'assurer un service de meilleur qualité aux étudiants présents et futurs avec les nouvelles sommes dégagées par le dégel et le réinvestissement gouvernemental. L'équité inter-générationnelle devrait être la grande priorité de tout gouvernement, et ce dans tous les domaines. En redressant le financement universitaire, le gouvernement libéral s'engage à faire du Québec un concurrent mondial de l'économie du savoir pour les générations futures.

Évidemment, le Parti québécois et sa clientèle du mouvement étudiant associatif crie au scandale et à l'aberration.

La véritable aberration fut leur affirmation que le gel des frais de scolarité est une mesure progressiste. Il s'agit, à mon avis, d'une qualification fort fallacieuse. Une mesure progressiste vise à alléger les frais des contribuables plus démunis, tout en imposant le plein tarif aux contribuables plus riches. En maintenant le gel des frais de scolarité, le gouvernement faisait de facto une subvention cachée aux contribuables plus aisés. En dégelant les frais, le gouvernement va rétablir le véritable équilibre.

Il devra toutefois être vigilant afin de s'assurer que les frais afférents ne soient pas haussés concuremment; il devra être tout aussi vigilant afin de s'assurer que le régime de prêts-bourses demeure un acteur efficace dans l'aide à l'accessibilité aux études supérieures pour les étudiants moins fortunés.

Mauvaismarketing.tv

Les médias (notamment sur Cyberpresse.ca) ont récemment fait état du tout nouveau site web opéré par le Parti Québécois. Bondebarras.tv est une initiative de marketing viral, le tout ayant pour but avoué de se propager par la magie d'Internet et de ses utilisateurs.

Malheureusement, tout les indicateurs indiquent que leur initiative tombera à plat. Le marketing viral en ligne ne peut se propager que sous la condition d'une certaine authenticité et neutralité vis-à-vis le message.

Cas d'espèce, la campagne de marketing viral de Pizza Domino's intitulée "Anything Goes Deal". Le vidéo qui fut l'étincelle d'allumage peut être trouvé ici (suivi par celui-ci et celui-là). Initialement, le niveau d'attention qui fut donné à ce vidéo était très grand. Mais dès qu'il fut reconnu que le tout faisait partie d'une campagne de marketing viral de Domino's, la distribution entre pairs a drastiquement chutée. Pourquoi? L'authenticité était perdue. La jeune fille que tous se plaisaient à détester pour son attitude ingrate n'était qu'une actrice.

Le vidéo du Parti québécois tente délibérément d'attirer l'attention en perpétuant le culte de la victime. Les Internautes ne se laissent pas avoir par les victimes-actrices, encore moins lorsque celles-ci sont présentes aux côtés du logo du PQ mis à l'évidence au bas de la page. Définitivement, le public cible de ce marketing viral ne se fera qu'aux seins des convertis au dogme péquiste et non à la population en général.

Une initiative semblable avait été tentée avec le site Nuitdeslongscouteaux.net en novembre dernier. Dans ce cas, l'erreur fondamentale était davantage de créer une campagne autour d'événements que seuls les péquistes célèbrent. La "nuit des longs couteaux", comme ils se plaisent à l'appeller, n'intéresse que les passéistes et les nostalgiques de 1837-1839. On pourrait même croire que les péquistes ont plus de difficulté que les libéraux fédéraux à croire que Pierre-Elliott Trudeau est mort.

Les électeurs ne s'intéressent pas aux victimes-actrices. Les électeurs s'intéressent encore moins aux nouvelles d'il y a 25 ans.

Le seul bon débarras sera celui du responsable de cette stratégie de communication aussi subtile qu'un éléphant.